C'est une photo de Carrie Fisher dans une poubelle qui m'a fait me sentir mieux. Après des heures d'effondrement émotionnel, j'ai vu les perspectives se dégager.
Comme une percée de lumière dans un ciel gris. J'ai tenté dans me blottir dans cette brèche.
Je porte la chemise trop grande de mon grand-père et c'est un réconfort qui s'ajoute au sourire de Carrie Fisher. Je ne comprends pas la taille de cette chemise qui laisse croire qu'elle m'a été léguée par une armoire, une baraque. Je me souviens pas comme ça de lui.
Aussi la maladie gâche les souvenirs, les silhouettes, les proportions, tout.
Je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé aux gens qui sont toujours choisi comme témoin de mariage, parrain, marraine des gosses etc.. . Je me demande à quoi ça tient, ce talent. Je pensais à ça parce qu'il me semble que c'est vraiment une caractéristique ce truc. T'as des gens comme ça. Pas moi. Et c'est pas grave au fond, je me demande simplement.
Je me suis souvent dit qu'on choisissait de donner cette place à un être cher pour faire famille, pour que le lien soit renforcé par autre chose. De la paperasse mais pas seulement. J'en sais rien.
Je pense que je suis la marraine de personne parce que je m'impose comme daronne étouffante alors ça suffit. Faire famille avec de la paperasse ça ne me concernera jamais. Ce que je me dis aussi, c'est que je suis un bon labrador et franchement, pas besoin d'officialiser quoi que ce soit avec un clébard. Tu peux tout lui faire, si t'es dans son coeur en mousse il finira par pardonner n'importe quoi. Il s'inquiètera, il attendra, il veillera et te défendra jusqu'au ridicule.
C'est mignon et je l'accepte. Pas besoin de contrat quand on sait que tu feras toujours plus ou moins partie des meubles.
Je pensais à ça pour me distraire de ma déprime. Pour détourner la tête du champ de ruines que je laisse derrière moi, derrière ces trois semaines de chaos émotionnel.
On sait, Nelson Mandela il avait pas la télé, c'est bon, et il nous cassait pas les couilles.
C'est pas tant d'être confinée dans mon appartement qui m'a effondrée. Je suis confinée dans mes secrets, mes hontes, mes mensonges et dans la solitude qui en découle. Confinée dans des promesses chaque nuit renouvelées, trahies dès le lendemain.
Je suis confinée dans des problèmes que j'ai longtemps considérés comme des hobbies.
Je ronge mon os, je mords ma laisse, je cours dans mon sommeil, j'abois plus que je ne mords, je monte la garde mais l'ennemi est déjà là, vautré sur le canap, dans sa chemise trop grande, rêvant d'une crise de larmes, n'ayant plus de force pour le drame, pétrie par la trouille .
Franchement, c'est chaud, alors merci Carrie Fisher.

J'ai lu tout le reste, la descente, et là, aujourd'hui, je dis ouf : tu remontes et, si tu veux, je te nomme ma marraine.
RépondreSupprimerPlein de bisous.
Merci pour ton soutien. La reprise du travail contribue au retour de l'équilibre. J'espère que tu te portes bien, cher filleul. Je t'embrasse
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