Tous les jours, je marche dans les pas de la veille, je tourne en rond dans ce parc anémié, je regarde partout, le ciel et le sol, j'imite les bourgeons et je décide de prendre le risque d'éclore.
Je me prépare aux verts les plus tendres qui se tendent vers Avril, vulnérables et décidés.
Comme eux, je m'élance, je m'engage sur une voie qui se dessine un jour après l'autre.
Une voix douce pour raconter des mois dans le dur
Tais-toi mon impatience
Calmez-vous mes nerfs
Plusieurs nuits emmurée dans le silence, emprisonnée dans mon corps, réveillée par mon cri, le cri originel du bébé visqueux et rabougri que j'ai bien dû être un jour. Le cri d'une personne qui a passé trop de temps à se noyer dans des eaux sales, gesticuler, donner aux autres ce qu'ils préfèrent, divertir et bouffonner jusqu'à noyer le moteur.
Le sommet de mon art, parler pour faire du bruit.
Nous sommes vraiment de bons petits soldats.
C'est ce que je me suis dit, un soldat qui a pris de mauvais plis, qui n'écoute plus la force de ses viscères, les conseils de son coeur, la complexité de son cerveau. Occupé à monter, lustrer, démonter des armes qui ne servent plus à rien. Un fonctionnement folklorique, faire, défaire, refaire, se taire.


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