Zed Zonk, des cimes aux abysses

Zed Zonk, des cimes aux abysses

mercredi 8 avril 2020

Le temps mort // le temps libre

Il faut croire que la saveur du dimanche ne réside que dans la perspective de contrainte du lundi.
À croire que c'est une prise d'élan avant la propulsion dans une autre notion du temps.
Reprendre la main sur cette partie de vie qui consiste à gagner de l'argent qu'on ne peut pas dépenser Celle qui s'organise autour d'horaires, de trajets, de fatigue et de récupération.
J'ai passé trois semaines à chercher le meilleur moyen de tuer le temps qui semblait s'écouler au ralenti. Il y a eu de la joie, elle est dans mon ADN. Il y a eu de l'excès. Comment sort-on de la cage de notre propre psyché si ce n'est en usant et abusant des sésames les plus connus ?
Dans cette vie terrée, vaguement terrifiée, je me suis offert une fenêtre ouverte vers un ailleurs que mon imagination ne me permettait pas, une lucarne tout au plus, avec vue sur une réalité brusque qui s'imposait par à-coup. Je me suis offert à prix d'or une solitude synthétique sans laquelle je serais peut-être déjà folle.
Maintenant je prends les couleurs disponibles, j'ai remis mes muscles au service de mon bien-être, je ne suis plus désœuvrée.
Mon temps libre change de dimension,  je retrouve sous mes paupières des bains de mer, les verts d'avril, les projections heureuses, mes lieux d'ancrage, les vagues, le sable, la roche, la brise. Toutes les conneries que j'ai appris à convoquer quand ça dérape.
Ce qui se dissout dans les temps morts retrouve son épaisseur sur mon temps libre.
Amen

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