J’aimerais que les nuits qui vont du dimanche au lundi soient simplifiées, par exemple par un sommeil de plomb. Au lieu de ça je me bouffe les cuticules, je m’invente des dialogues, des conversations qui virent au drame, quand les vérités sortent toutes seules en bombe en déchiquetant le silence, pulvérisant l’harmonie.
Depuis une semaine, les mots ne viennent plus, la source semble tarie et je ne trouve aucun charme à cette jachère.
B. me dit de snober mon texte, il finira bien par me réclamer.
Je me demande si c’est juste mon cerveau du moment, des jours pré-monstrueux qui déloge toutes les idées pour les remplacer par des fringales, des petits drames qui caracolent dans la région des urgences en attendant le sang.
Je me lis, je me relis, jusqu’à ne plus comprendre le sens des mots, je finis par ne voir qu’une bouillie impudique et ça me braque.
Je l’explique à B, je me tape une crise de « pour qui tu te prends ? » j’ai peur de proposer les meilleures pages de mon skyblog là où j’ai imaginé de la littérature.
C’est comme si je me pimpais pour sortir, je mets une robe qui me flatte, je valide mon reflet, je me jette dans les rues ensoleillées avec toute la confiance du monde, heureuse de ne pas avoir à penser à mon image. C’est alors que je me rends compte que la robe est transparente, que je suis indécente, pas à cause de la quasi-nudité mais plutôt de la honte que j’en tire. Alors l’histoire de ma confiance devient une blague de mauvais goût, je suis nue sous une lumière crue sans aucun endroit où me cacher, mortifiée par ma vérité devenue vulgaire, tout ce que je montre, rêvant de me fondre dans le bitume, de ne plus exister. Mais c’est impossible, il faut soutenir les regards, faire comme si je n’étais pas à moitié à poil, donner le change, défendre le fond comme la forme.
Peut-être que ce qui est tarie c’est la source de cette confiance-là, c’est l’aplomb, celui qui aide à soutenir les regards.
C’est la mécanique des fluides qui s’insinue dans les rouages mal graissés d’un cerveau déstabilisé par le sang et par l’encre, mon cerveau qui se fait un sang d’encre.
Zed Zonk, des cimes aux abysses
dimanche 31 mai 2020
mardi 19 mai 2020
En vie
Envie d'envoyer une photo de mes joues pleines et de mes cheveux grisonnants à la prof qui m'a adressée à la psychologue scolaire parce que j'ai mis : vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre à la rubrique " profession envisagée" de sa fiche de renseignements.
Envie de systématiser le fait de considérer la journée comme unité de temps. On se lève, on se couche, entre temps on fait des trucs. Demain est une autre vie et ça va aller. Hier est un temps révolu et c'est pas grave.
Envie de lire un livre monde pour être à côté de celui-ci, une brique de 2000 pages, une cavale clef en main, mystère et suspense. Mais un article de 5000 mots et c'est déjà trop pour mon intellect alors pour la littérature on repassera.
Envie d'une retraite solitaire dans une maison aux volets rouges. Vivre en slip et manger des fraises, relativiser mes pages blanches, organiser mon quotidien autour de siestes, de rêveries érotiques, de course frénétique qui stimule la sécrétion d'endorphine... Regarder des livres monde me tomber des mains, écrire le mien, au crépuscule ouvrir une bouteille, boire à la santé de mon echo.
À la tienne...
tienne...
... tienne
Envie de me téléporter à la cartoucherie de Vincennes, au théâtre du soleil. De voir Piccoli boire un verre au comptoir et les gens, nous en gros, en train de faire comme s'il n'était pas là alors qu'il est vraiment partout. Nous en train de faire comme si on arrivait à parler d'autre chose et à regarder ailleurs. Dans ce souvenir, la lumière est belle et il sourit. De ce jour, je retiens deux choses, Piccoli, immense, au sens propre. Une montagne. Ariane Mnouchkine, clairement chiante mais ça arrive, on lui demande pas d'être sympa après tout.
Une étreinte entre eux. La grande famille du cinéma, le théâtre, la culture , le métier qui s'embrasse, incarné comme jamais.
Tout ce que j'aime dans les bras de tout ce que je déteste.
Envie de montagne et de mer, et de sable, et de pinèdes, et de rocaille, et de mouettes, et de cigales, de moustiques tigre et de scorpions...
Envie de draps froissés imprimés sur nos peaux brûlées. Murmurer des obscénités dans la nuit, déconfiner ta pudeur, disloquer la moindre retenue. Oublier les livres monde. Oublier Piccoli et James Dean, Ariane Mnouchkine et la famille télérama qui sait tout mieux que tout me monde, oublier la cartoucherie et les scorpions...
(...)
Envie de systématiser le fait de considérer la journée comme unité de temps. On se lève, on se couche, entre temps on fait des trucs. Demain est une autre vie et ça va aller. Hier est un temps révolu et c'est pas grave.
Envie de lire un livre monde pour être à côté de celui-ci, une brique de 2000 pages, une cavale clef en main, mystère et suspense. Mais un article de 5000 mots et c'est déjà trop pour mon intellect alors pour la littérature on repassera.
Envie d'une retraite solitaire dans une maison aux volets rouges. Vivre en slip et manger des fraises, relativiser mes pages blanches, organiser mon quotidien autour de siestes, de rêveries érotiques, de course frénétique qui stimule la sécrétion d'endorphine... Regarder des livres monde me tomber des mains, écrire le mien, au crépuscule ouvrir une bouteille, boire à la santé de mon echo.
À la tienne...
tienne...
... tienne
Envie de me téléporter à la cartoucherie de Vincennes, au théâtre du soleil. De voir Piccoli boire un verre au comptoir et les gens, nous en gros, en train de faire comme s'il n'était pas là alors qu'il est vraiment partout. Nous en train de faire comme si on arrivait à parler d'autre chose et à regarder ailleurs. Dans ce souvenir, la lumière est belle et il sourit. De ce jour, je retiens deux choses, Piccoli, immense, au sens propre. Une montagne. Ariane Mnouchkine, clairement chiante mais ça arrive, on lui demande pas d'être sympa après tout.
Une étreinte entre eux. La grande famille du cinéma, le théâtre, la culture , le métier qui s'embrasse, incarné comme jamais.
Tout ce que j'aime dans les bras de tout ce que je déteste.
Envie de montagne et de mer, et de sable, et de pinèdes, et de rocaille, et de mouettes, et de cigales, de moustiques tigre et de scorpions...
Envie de draps froissés imprimés sur nos peaux brûlées. Murmurer des obscénités dans la nuit, déconfiner ta pudeur, disloquer la moindre retenue. Oublier les livres monde. Oublier Piccoli et James Dean, Ariane Mnouchkine et la famille télérama qui sait tout mieux que tout me monde, oublier la cartoucherie et les scorpions...
(...)
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