Un //
Je porte une glacière aussi lourde qu'encombrante. J'avance difficilement dans le sable chaud. La glacière contient deux bouteilles d'eau fraîche, une nature, l'autre teintée d'antésite. J'ai horreur de ça. Une pile de 6 verres duralex se cogne contre les bouteilles en verre. Le bruit sourd est très précis dans mon rêve. Mes pas s'enfoncent dans le sable qui me fait plus lente et pataude que jamais. La sensation qui domine n'est pas agréable, j'ai l'impression que je n'y arriverais jamais.
Au réveil ma main tâtonne, cherchant le sable, je referme mes paupières mais non, c'est fini, j'ai bel et bien grandi. Ce n'est plus le sable chaud qui me ralentit, mais quoi ?
Deux //
Des voisins se font des passes avec un ballon de foot. Je repense à ce ballon que j'ai explosé contre le mur de la maison de ma grand-mère. Jour après jour, je tapais dns cette balle pour calmer une colère qui n'en finissait pas de grandir. Il est devenu mou et inutilisable mais dans son rôle de sparing partner, il n'a pas démérité.
C'est insupportable d'entendre taper dans une balle. Je me demande comment faisait ma grand-mère pour me dire "Frappe, ma fille" sans câbler sur la nuisance. Il y a des êtres de lumière dans ce monde. Les autres essaient de préserver une modeste flamme en explosant des ballons contre des murs qui n'ont rien demandé.
Trois //
J'ai vu une fille danser seule dans la rue à 9h du mat. J'ai vu les gens autour d'elle se regarder entre eux en levant un sourcil. J'ai vu son sourire prendre des proportions démesurées en me demandant qui j'étais pour juger de la mesure ou de la démesure de quoi que ce soit.
Je ne sais pas ce qu'elle avait dans le casque mais ce qu'elle inspirait c'était un sentiment proche d'un bonheur extatique. Elle était belle de ça. J'ai prélevé un peu de son éclat pour ma journée. Son aura solaire comme carburant pour mon corps rincé par les insomnies. Elle irradiait encore longtemps après que je l'aie croisée. Un feu dans un coin de ma tête
Je me suis entendu articuler très clairement le mot merci.
Je ne sais pas ce qu'elle avait dans le casque mais ce qu'elle inspirait c'était un sentiment proche d'un bonheur extatique. Elle était belle de ça. J'ai prélevé un peu de son éclat pour ma journée. Son aura solaire comme carburant pour mon corps rincé par les insomnies. Elle irradiait encore longtemps après que je l'aie croisée. Un feu dans un coin de ma tête
Je me suis entendu articuler très clairement le mot merci.
Quatre //
J'ai croisé mon psy alors que j'étais en pleine conversation vidéo avec ma mère. Je parlais beaucoup trop fort dans la rue à cause du casque qui obstruait mes oreilles. J'en ai tiré une gêne. Comme si je partageais malgré moi quelque chose de trop intime. C'est pas comme si je lui racontais pas mes trucs en long en large et en travers depuis trois ans... Mais là, je n'ai pas choisi.
Je l'avais déjà croisé, bien sûr. Notamment une fois dans un bar à saucisses et une autre fois au rayon frais du monop où je me tapotais la joue avec un tube de harissa devant des pots de houmous.
Je l'avais déjà croisé, bien sûr. Notamment une fois dans un bar à saucisses et une autre fois au rayon frais du monop où je me tapotais la joue avec un tube de harissa devant des pots de houmous.




tu écris tellement bien ! des coups au coeur, à chaque fois.
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