Zed Zonk, des cimes aux abysses

Zed Zonk, des cimes aux abysses

lundi 20 avril 2020

Pas prête

Mon animal préféré me fausse compagnie. Elle ne vient plus auprès de moi quand je l’appelle. Elle ne répond plus à son nom. En tout cas, plus comme avant.
Elle répond à la porte du frigo, à l’opercule du paquet de jambon, au couvercle d’un pot de rilllettes. Elle ronronne de moins en moins mais quand je passe ma main sous son cou, elle frotte ses joues en fermant les yeux.

Elle perd du poids, elle perd la boule mais elle me donne encore cette confiance qui me bouleverse.

J’ai compris depuis un moment que ça sentait la fin mais là, j’ai arrêté les conneries, j’ai arrêté de lui dire : je veux que tu vives encore 15 ans, j’ai arrêté de dire à Isa : Peut-être qu’on ne le sait pas encore mais que c’est un chat immortel. Peut-être qu'elle va finir dans le guiness des records. Elle a arrêté de me sourire poliment sans rien répondre. Moi, j’ai commencé à pleurer, parce que c’est ma nature d’anticiper. Je la regarde faire ses trucs bizarres et je la porte le moins possible car elle est fragile, je lui donne les mêmes caresses mais elles sont devenues plus douces encore. Je me ridiculise un peu mais ça, c’est pas nouveau. Je lui dis que je l’aime, et que je veux jamais qu’elle ait mal. Elle bave sur mon bras et j’appelle ça de l’amour. Plusieurs fois par jour je me répète que j’ai de la chance, une chance folle. Une chance qui miaule la nuit, une chance couleur cheminée, une chance qui dure depuis longtemps,à laquelle il manque des dents,  une chance qui bave, une chance qui cligne des yeux quand je lui fais des déclarations d’amour.

 Je me prépare mais je ne suis pas prête.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire