En rentrant aujourd'hui je croise un type dans la rue dont l'apparence m'a fait penser à la rencontre de David Foster Wallace et Axel Rose jeune. De longs cheveux retenus par un bandana clair à motifs noirs. Des lunettes à monture fine. Il se débattait avec un élastique à cheveux, tout en marchant.
Quand il passe le plus près possible de moi je constate qu'il sent la sueur. Une odeur âcre qui me jette en arrière.
J'abuse un peu.
Quand il passe le plus près possible de moi je constate qu'il sent la sueur. Une odeur âcre qui me jette en arrière.
J'abuse un peu.
Après je me suis dit qu'il venait très certainement de faire du sport. J'ai trouvé plusieurs explications.
Je venais de raccrocher mon téléphone après une longue conversation avec B.
J'avais encore sur le visage des restes de la gaîté que j'ai essayé de lui communiquer.
J'avais encore sur le visage des restes de la gaîté que j'ai essayé de lui communiquer.
J'aurais aimé être en face de lui qu'on se parle avec les yeux aussi. Et les mains qui font leurs trucs de main pour accompagner l'ensemble. Ça manque.
À la maison, je me croise dans le miroir et je considère deux minutes mon visage ravagé. Les restes de gaîté, dans les plis autour de mes yeux.
Je culpabilise de ne pas avoir tout donné à B.
Sur cette photo comme sur toutes celles que j'ai trouvé de D. Foster Wallace, je le trouve sédaté.
J'imagine que je légende ces clichés comme ça parce que je sais qu'il est effectivement bien dosé. Il me donne du chagrin mais ça dure pas longtemps. Il y a des gens qui ne sont pas fait pour "tout ça" et je comprends que ça se finisse en noeud coulant.

