Tout le monde dévisse. On lâche la rampe ensemble, ça me change. Je comprends les chats qui ont besoin de se pendre aux rideaux, de bouffer des plantes, de faire des courses poursuites contre l'ennui, de jouer avec leur queue comme s'ils la decouvraient. Chaque jour, inlassablement, depuis bientôt 16 ans, wo wo, c'est quoi ce truc qui bouge au bout de mon cul là ?
Je comprends qu'on vrille, enfermé chez soi. Et on a de la chance, c'est rien, c'est pas grave de se taper son quart de folie, de péter les plombs. Ça va.
Il y a plusieurs nuits j'ai rêvé que je passais l'aspirateur vêtue d'une robe de mariée fort encombrante, la clope au bec, visiblement bourrée au martini.
Je déteste le martini mais le rêve m'a fait rire.
Je suis fascinée par la fantaisie des unes et atterrée par les réflexes de panurge, la bêtise et l'incurie des autres. Mais j'en veux à personne, dire de la merde, c'est pas pire que découvrir sa queue ou bouffer un ficus. On fait comme on peut, j'espère que ça ne va pas devenir une constante.
Hier on est passé du rire à l'inquiétude et vice versa toute la journée. Essoufflées, fiévreuses, mais ensemble. C'est déjà ça.
Le gros de l'angoisse c'est de me dire que j'ai foutu cette merde partout, sur les outils au taf, les boutons de l'ascenseur, les TPE des commerces, la rampe d'escalier, les poignées de porte, la barre du tram, les touches du distributeur automatique ... Partout.
J'ai donné de l'argent sale, j'ai tendu une main droite potentiellement criminelle.
Voilà le gros de l'angoisse.
Respirer dans une paille, je connais, ça va pour l'instant, on se surveille et on se soutient. On a de la chance.
Mais imaginer que j'ai mis quelqu'un en galère, c'est ça, précisément, qui m'empêche de bien dormir.
Je vais te faire un aveu : il l'arrive, comme au chat, de jouer avec ma queue mais c'est pas l'idéal pour grimper aux rideaux ! :-) Ceci dit juste pour te faire rire.
RépondreSupprimerça a bien fonctionné, alors merci :)
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