Zed Zonk, des cimes aux abysses

Zed Zonk, des cimes aux abysses

jeudi 9 mai 2019

Les émotions moyennes

J'ai commencé la lecture du journal de Kurt Cobain. Je l'ai lu il y a un bail, peut-être une quinzaine d'années. J'en ai gardé peu de souvenir. Je le lis parce que je cède à tous les supports d'inspiration pour écrire sur les années 90 et la voix de Kurt Cobain, comme celle de Kim Deal en sont des emblèmes dans ma mythologie personnelle. J'étoffe mon texte à chacune de mes relectures mais je stagne un peu. C'est pourquoi j'ai repris le blog, pour être sûre d'un travail complémentaire quotidien. Pour la discipline.

Plus je prends de l'âge, plus je m'aperçois que je ne peux plus me permettre d'être en roue libre, de ne pas avoir de cadre. En même temps je suis dans une phase où la contrainte m'est difficile.
Je me demande si écrire sur mon adolescence ne me fait pas revivre comme je vivais à l'époque. Comme une flamme vibrante qui se tortille au moindre souffle extérieur mais qui tient quand même le coup.

Hier j'ai finalement sauvé la journée. J'ai survécu à mes pulsions de sabotage radical. On va appeler ça comme ça. J'ai marché sous une pluie fine pour me rendre au cinéma. J'ai regardé Julianne Moore crever l'écran comme on regarde une publicité pour la cinquantaine.
J'ai chialé mes angoisses. J'ai dû mal à comprendre mon cerveau mais à un moment il s'épuise tout seul.

La pluie sur mon visage a commencé à me sortir d'affaire. C'est pas la première fois que ça arrive, un peu d'eau fraîche sur la figure, ça remet les idées en place.

J'ai retrouvé un moment mon sourire exalté en chantant Clémence en vacances dans la rue Mariano déserte. Ça aussi, ça fatigue. Je voudrais bien passer de la torpeur à une émotion, disons, moyenne. Pas l'euphorie cash. Surtout pour pleurer à nouveau 20 minutes plus tard. Devant la bande annonce du prochain Almodovar qui, lui aussi, chiale bien sa mère. Devant Julianne Moore qui en chie des ronds de chapeau, devant mon incapacité à appeler quelqu'un.e pour parler de tout et surtout de rien.

2 commentaires:

  1. Moyen, est-ce que c'est mieux que médiocre ?

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  2. Oui, je pense, je ne sais pas. Un peu de tiède me ferait du bien. Je me brûle ou je gèle, comme Louise Labé ;)

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