J'écris la vie de Zelda en essayant de l'éloigner de moi. Écrire depuis un autre point de vue qui ne serait ni celui du regret ni celui du jugement.
J'essaie d'être honnête tout en me protégeant. J'avance péniblement. C'est tellement solitaire l'écriture.
On les entends les écrivains sur france cul parler de leur solitude. On se dit, ça va, c'est bon, chiale pas, personne t'as forcé.
Dans la série des évidences péremptoires, je dirais que quand même, personne ne force, non, mais c'est pas non plus comme si on avait le choix. Le choix d'être lu, oui, mais pas celui d'écrire.
Si tu choisis de retaper une maison, on voit tes progrès, on dit, t'as bien bossé dis donc. Quand t'essaies d'écrire un roman tu manges du doute à tous les repas, tu machônnes tes conneries, tu les recraches, tu veux arrêter, tu repars parce que t'as pas le choix.
Je me dis que je retape une maison hantée. Ça me fait quelqu'un à qui parler. Alors, comment ça va aujourd'hui les monstres du passé ?
J'ai coulé la dalle, je consolide les murs, je fais comme j'ai vu faire, je toque avec une phalange sur la cloison pour écouter le son de la brique, je pète tout, je garde que les murs porteurs, on verra plus tard les finitions.
Quand je suis démoralisée, je m'assieds par terre, dans la poussière, dans ma maison en friche, je regarde les murs, le toit. Je suis protégée de la pluie mais pas encore du vent. Pour les fantômes ça se gère doucement. On apprend à mieux se connaître, à part un qui est vraiment lourd, on fait équipe.
Ça vient. C'est long. Avouons-le, c'est chiant
Au moins je prends plus l'eau et j'ai de la compagnie
Pareil.
RépondreSupprimerJ'en suis toujours resté à poser la dalle. Que dalles !
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