J'imagine que les deux angoisses majeures chez le sujet anxiodépressif sont liées à la peur de mourir et celle de devenir cinglé, de n'avoir plus aucun lien avec une réalité consensuelle proposée par des médias pas toujours consciencieux.
Zed Zonk, des cimes aux abysses
mercredi 31 mars 2021
le dernier mot
Sentimental fool
Besançon, octobre 2019
17 Jours
Je partage ce texte sur une première hospitalisation à laquelle j'ai eu le tort de mettre un terme beaucoup trop précoce. Des echo me reviennent par vagues quand je longe les allées connues.
Trop impulsive, trop pressée, trop sûre de moi, j'avais quitté le lieu trop tôt, couverte par aucun traitement hors lexomil.
J'ai vécu ensuite un été chaotique et le plus lourd sevrage de ma vie, le lexo c'est de la merde, ne commençaient jamais, vraiment. J'ai relu ce texte que j'ai apporté pour le laisser à la bibliothèque du pavillon. J'ai le sentiment que cette fois-ci j'aurai la patience de sortir au bon moment, en espérant que ce soit le bon.
à vite.
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Un feu honnête
J'ai reçu ces mots de Rosa Luxemburg de la part d'une lointaine amie que je ne connais pas de chair et d'os mais qui compte pour moi depuis désormais bientôt 10 ans, comme d'autres ici et là, surtout là, que je considère comme des amies sans que nous ayons de vie sociale terrestre partagée, ça va au-delà et c'est très beau. Alors merci, Anne.
Peut-être qu'ils pourront vous être d'un quelconque soutien comme ils m'ont étés d'un grand secours.
" Vous aussi faites partie de ces oiseaux et de ces créatures pour lesquels je vibre intérieurement , de loin. Je sens bien que vous souffrez de voir ainsi les années passer inexorablement , sans que l'on "vive". Mais patience et courage! Nous vivrons, et nous vivrons de grandes choses. Pour l'instant, nous voyons surtout sombrer un monde très ancien - chaque jour un pan, un nouvel éboulement , une nouvelle chute...Le plus comique, c'est que la plupart des gens ne le remarquent même pas , et croient encore marcher sur la terre ferme ..."
Ici, les jours sont longs, le chemin aussi, mais je garde toujours la même gaîté chevillée au cœur, je ne me suis jamais départie de mon espoir, même si je l'ai malmené. C'est comme une flamme gracile qui vibre au bout d'une mèche, je le protège des grands vents comme des soupirs, j'essaie de ne pas trop lui en demander, il me tient, me soutient et assure mon pas quand et si le chemin s'assombrit.
Je prédis un feu honnête d'ici peu de temps, inoffensif mais grandiose. Nous y jetterons toutes nos mues, nous danserons dans sa chaleur, nous nous relaierons pour souffler sur les braises, il peindra nos visages confiants de couleurs vibrantes.
Les gens que je vois ici sont les symptômes d'une société qui les refuse. Des gens salement perchés par des médocs qui assurent une certaine forme de paix. Des zinzins heureux dans leurs délires.
Mais on peut très bien danser en boitant, nous allons y arriver.
J'ai confiance, plus que jamais. Et je me sens aujourd'hui pleine d'amour, pour vous comme pour moi, et même pour les jours noirs qui m'ont poussée ici, doucement mais sûrement. J'essaie de me le pardonner, je me dis allez, pleure ma fille, tu pisseras moins. Pleure, pleure, c'est pas très grave.
Colère, angoisse, peur, mélancolie, le corps tremblant, le menton vibrant, les larmes aux yeux puis un fou rire et on recommence.
Ça va se tasser.
"Humour et philosophie"
- Maboulita
lundi 29 mars 2021
Le ciel, le sol
Tous les jours, je marche dans les pas de la veille, je tourne en rond dans ce parc anémié, je regarde partout, le ciel et le sol, j'imite les bourgeons et je décide de prendre le risque d'éclore.



