Je lui parle du sourire avec les dents. Qui croquent, qui mordent et qui arrachent.
Et j'ajoute : qui ruminent. Il a pas pu me contredire et j'ai pas pu m'en empêcher.
Je lui ai parlé des retombées merveilleuses de choix hasardeux. Quelle est la part de chance, la part d'instinct. Je lui raconte une anecdote qui commence comme toutes les autres :
Dans un bar une femme a demandé au mec en face d'elle : Tu flippes ?
Il a répondu : bien sûr que je flippe.
C'est pas grand chose au fond, mais ça rassure, il était dans mon angle mort, j'ai tourné la tête pour voir la sienne.
Ce sont ceux qui ne flippent pas qui m'angoissent. Les ingénieurs en plasturgie propriétaires à 25 ans qui conduisent des voitures de parvenus comme des tarés. Qui ne savent qu'avancer. Dans les stan smith de tout le monde, des tee shirt Jack & Jones de tout le monde. Ils se prennent pour des loups alors qu'ils sont au mieux des petites hyènes nerveuses. Ceux qui vont à la salle pour le concours de bite, qui parlent de taux d'intérêt, du prix de l'essence, des branleurs au chômage, ceux de notre dame des Landes, de leurs façons de consommer le monde avec voracité, parce qu'on est pas cerné par les gourmets. Une bonne bande de débiles quand même que ceux qui pensent avoir le monde dans leurs poches, à côté d'un jeton de caddie et des tickets de CB froissés.
Il ajoute, tout se délite, tout ce qui n'est pas en marche est considéré comme un problème.
On est bien là, entre personne à l'arrêt, fièrs d'être des problèmes. On entre pas dans le grand projet qui ramène tout à la variet, aux loisirs, au fun.
On est bien entre loser aux dents molles, aux poches trouées... On embrasse le vide et il nous rend notre baiser.
La vie que je préfère, c'est celle qui ne sert à rien.
Zed Zonk, des cimes aux abysses
mercredi 30 octobre 2019
vendredi 25 octobre 2019
L'ocytocine, l'adrénaline, les endorphines, la dopamine
On parle à tort et à travers
On marche dans les pas des fantômes
Parfois dans nos propres pas
On veut pas avouer qu'on piétine mais c'est le mot
On a peur de notre ombre
On défie ce reflet dans le miroir, on lui fait baisser les yeux
On ravale des larmes qui sont autant de vagues qui nous ébranlent
On se caresse la tête nonchalamment
Qui d'autre pour le faire
On essaie de se faire comprendre
On baragouine principalement
On se dit des gentillesses, tu es belle, tu sens bon, tu as bonne mine, je t'aime, je suis heureuse quand je te vois
On recule pour mieux sauter au risque de se prendre les pieds dans le tapis
On s'alcoolise
On chante fort et faux
On crucifie Céline Dion sur l'autel de nos excès mal maîtrisés
On se manque trop
On se le dit peu
On ose pas reconnaître qu'on est rien les uns sans les autres
Ça suinte, pas besoin de parler, ça nous sort par les pores
L'ocytocine, l'adrénaline, les endorphines, la dopamine
À travers la porte de la chambre 412 je décline l'offre de la femme de chambre de changer mes serviettes
J'accuse le coup avec ma gueule de bois à ridiculiser Pinocchio
On est peu de chose
On s'en cache pas
On fait les malins
On a appris à bien ficeler nos sketchs
Le buffet du petit déjeuner propose des produits de basse qualité, notamment un café ultra dilué, real american coffee, voilà le programme
Véritable pisse d'âne pour amateur d'eau parfumée
On fait avec
On a pas le choix
On sert du café américain à des français blasés et des viennoiseries décongelées à des américains conquis
On s'enroule dans des draps qui sentent le propre, dans une chambre qui sent le vieux
La fenêtre ouverte sur les commérages des derniers oiseaux, sur le ronronnement lointain des premières voitures
On regarde dans le miroir en pied ce corps qu'on ne ménage pas
On se dit les trucs sympas des jours "avec"
Franchement ça passe, t'inquiète pas
On a repris du poil de la bête
Tu gères, c'est bon, n'en doute pas
On prend un bain, casque qui braille à burne dans les oreilles
On chante par dessus les voix, par dessus les toits, par dessus le marché et ses lois
On touche la peau douloureuse
On a envie de se jurer que c'est la dernière fois
Se le promettre pour la centième fois
On se fait belle pour aller voir des yeux se plisser sur nos conneries
Rire, faire rire
L'ocytocine, l'adrénaline, les endorphines, la dopamine
Je t'aime, je suis heureuse quand je te vois
On marche dans les pas des fantômes
Parfois dans nos propres pas
On veut pas avouer qu'on piétine mais c'est le mot
On a peur de notre ombre
On défie ce reflet dans le miroir, on lui fait baisser les yeux
On ravale des larmes qui sont autant de vagues qui nous ébranlent
On se caresse la tête nonchalamment
Qui d'autre pour le faire
On essaie de se faire comprendre
On baragouine principalement
On se dit des gentillesses, tu es belle, tu sens bon, tu as bonne mine, je t'aime, je suis heureuse quand je te vois
On recule pour mieux sauter au risque de se prendre les pieds dans le tapis
On s'alcoolise
On chante fort et faux
On crucifie Céline Dion sur l'autel de nos excès mal maîtrisés
On se manque trop
On se le dit peu
On ose pas reconnaître qu'on est rien les uns sans les autres
Ça suinte, pas besoin de parler, ça nous sort par les pores
L'ocytocine, l'adrénaline, les endorphines, la dopamine
À travers la porte de la chambre 412 je décline l'offre de la femme de chambre de changer mes serviettes
J'accuse le coup avec ma gueule de bois à ridiculiser Pinocchio
On est peu de chose
On s'en cache pas
On fait les malins
On a appris à bien ficeler nos sketchs
Le buffet du petit déjeuner propose des produits de basse qualité, notamment un café ultra dilué, real american coffee, voilà le programme
Véritable pisse d'âne pour amateur d'eau parfumée
On fait avec
On a pas le choix
On sert du café américain à des français blasés et des viennoiseries décongelées à des américains conquis
On s'enroule dans des draps qui sentent le propre, dans une chambre qui sent le vieux
La fenêtre ouverte sur les commérages des derniers oiseaux, sur le ronronnement lointain des premières voitures
On regarde dans le miroir en pied ce corps qu'on ne ménage pas
On se dit les trucs sympas des jours "avec"
Franchement ça passe, t'inquiète pas
On a repris du poil de la bête
Tu gères, c'est bon, n'en doute pas
On prend un bain, casque qui braille à burne dans les oreilles
On chante par dessus les voix, par dessus les toits, par dessus le marché et ses lois
On touche la peau douloureuse
On a envie de se jurer que c'est la dernière fois
Se le promettre pour la centième fois
On se fait belle pour aller voir des yeux se plisser sur nos conneries
Rire, faire rire
L'ocytocine, l'adrénaline, les endorphines, la dopamine
Je t'aime, je suis heureuse quand je te vois
mercredi 23 octobre 2019
Automne pleine tête
Les portables à clapet
La reconnaissance faciale
L'argent par les fenêtres
Le discernement brouillé
L'essentiel à redéfinir
Le ventre trop chaud qui parle dans le vide
La laine mohair
La laine de verre
L'haleine de chacal
Les bottes de sept lieues
La voie du milieu
La vieille chatte sénile qui répond à l'autre prénom
La barre de sourcils
Le bord des larmes
Les fou rires nerveux
Tarik, Nabil et les neuroleptiques
Serrer le plus fort possible
Les dents, les bras, l'amour, les chats
La limite de l'étouffement
Serrer ses mains vides, l'une contre l'autre
Flaque de sueur, de terreur
Changer les draps souillés de peur
Cheveux collés , yeux collés , neurones collés comme des vieilles nouilles collées
La course folle pour sauter dans le TGV
Sourire sans les yeux
Pleurer sans les lèvres
Juste les yeux, la bouche elle vit sa vie
Elle dit ça va t'inquiète
Bien sûr que ça va lol
La frustration soluble dans les kinder country
Les jeans qui craquent à l'entre jambe
L'elasthane actrice majeure de l'obsolescence programmée
La méthode scientifique
Le renouvellement du vocabulaire
La putain de finitude
La philosophie du premier venu
La différence entre attendre et redouter
La date limite de consommation
Rentrer dans une voiture avec de la caillasse, en sortir avec une caillasse
Faire du hors piste dans la poudreuse
La raison qui se cabre
Le mors aux dents
La mort, la mort, la mort de ses morts
La condamnation comme condition humaine
L'envie de sécher les cours
Spéculer sur le retard des profs
Si elle est pas là à et quart, je m'en fous, je me casse
Les sanglots longs des violons de l'automne remplacés par une noyade sèche sur fond de cloud rap
Le souci du sursis
Préoccupations sévères
cerveau saturé
Stylo sclerosé
La reconnaissance faciale
L'argent par les fenêtres
Le discernement brouillé
L'essentiel à redéfinir
Le ventre trop chaud qui parle dans le vide
La laine mohair
La laine de verre
L'haleine de chacal
Les bottes de sept lieues
La voie du milieu
La vieille chatte sénile qui répond à l'autre prénom
La barre de sourcils
Le bord des larmes
Les fou rires nerveux
Tarik, Nabil et les neuroleptiques
Serrer le plus fort possible
Les dents, les bras, l'amour, les chats
La limite de l'étouffement
Serrer ses mains vides, l'une contre l'autre
Flaque de sueur, de terreur
Changer les draps souillés de peur
Cheveux collés , yeux collés , neurones collés comme des vieilles nouilles collées
La course folle pour sauter dans le TGV
Sourire sans les yeux
Pleurer sans les lèvres
Juste les yeux, la bouche elle vit sa vie
Elle dit ça va t'inquiète
Bien sûr que ça va lol
La frustration soluble dans les kinder country
Les jeans qui craquent à l'entre jambe
L'elasthane actrice majeure de l'obsolescence programmée
La méthode scientifique
Le renouvellement du vocabulaire
La putain de finitude
La philosophie du premier venu
La différence entre attendre et redouter
La date limite de consommation
Rentrer dans une voiture avec de la caillasse, en sortir avec une caillasse
Faire du hors piste dans la poudreuse
La raison qui se cabre
Le mors aux dents
La mort, la mort, la mort de ses morts
La condamnation comme condition humaine
L'envie de sécher les cours
Spéculer sur le retard des profs
Si elle est pas là à et quart, je m'en fous, je me casse
Les sanglots longs des violons de l'automne remplacés par une noyade sèche sur fond de cloud rap
Le souci du sursis
Préoccupations sévères
cerveau saturé
Stylo sclerosé
vendredi 20 septembre 2019
Été 2019
J'ai investi tout mon corps dans cet été. Il a dansé, couru, nagé, marché, baisé, je me la suis bien collée.
J'ai pris l'eau, le soleil, j'ai pris des couleurs.
J'ai pris des décisions et des dispositions. J'ai eu 12 ans, j'ai eu 7 ans, j'ai eu 27 ans et un jour, j'ai eu 75 ans.
Mon corps a suivi le mouvement, il a plus que jamais existé. Un bel été, physique et puissant. J'ai abandonné l'exigence et j'ai laissé libre cours à un bordel joyeux.
C'est pas mal le bordel quand ce n'est pas du chaos. La déglingue sans la dépravation.
Il y a eu des jours où la tristesse me sortait complètement de ce corps que j'ai redécouvert. Ça t'explose en pleine tête ce truc. Tu ressens un intense chagrin, tu passes la journée comme ça, avec les larmes toutes prêtes à surgir en sanglots. Tu te caches derrière un livre et c'est lui qui te lit. Et tu finis par sourire, consolée par le chahut, l'agitation des autres qui te gagne. Le joyeux bordel.
Le lendemain, j'ai de l'esprit, je ris, je suis d'une compagnie charmante alors je suis contente d'avoir survécu aux tourments de la veille et je réintègre mon corps. Je fais la mariole, je peux pas m'en empêcher. Je sais pas pourquoi je vis tour à tour dans une cellule austère et dans une kermesse complètement folle.
J'habite chaque cellule avec une grande conscience et je cesse d'être un concept offert à l'interprétation. Indéfinie, sans contours, flottant dans une carcasse trop vaste que je n'arrive pas à investir vraiment.
Hier, comme ça, je me suis vue marcher à côté de moi, j'ai eu un large sourire, j'ai écouté ma respiration calme à travers un podcast à la con sur Alexandre Benalla. J'ai ralenti le pas, comme pour m'attendre, pour me manifester un peu de sympathie. Regarder s'épouser deux polarités.
J'ai renoncé à mon fantasme d'androgynie, mes vœux d'anorexie, de taille droite, et de silhouette fluette. Longtemps je me suis trouvée féminine jusqu'au dégoût. Les seins lourds, les hanches, la taille, l'enfer... J'avais en horreur la chaleur qui mettait tout ce bordel à nu.
Il faut croire que j'ai baissé la garde, parce que cet été 2019, j'ai roulé du cul comme jamais. C'était bien.
J'ai pris l'eau, le soleil, j'ai pris des couleurs.
J'ai pris des décisions et des dispositions. J'ai eu 12 ans, j'ai eu 7 ans, j'ai eu 27 ans et un jour, j'ai eu 75 ans.
Mon corps a suivi le mouvement, il a plus que jamais existé. Un bel été, physique et puissant. J'ai abandonné l'exigence et j'ai laissé libre cours à un bordel joyeux.
C'est pas mal le bordel quand ce n'est pas du chaos. La déglingue sans la dépravation.
Il y a eu des jours où la tristesse me sortait complètement de ce corps que j'ai redécouvert. Ça t'explose en pleine tête ce truc. Tu ressens un intense chagrin, tu passes la journée comme ça, avec les larmes toutes prêtes à surgir en sanglots. Tu te caches derrière un livre et c'est lui qui te lit. Et tu finis par sourire, consolée par le chahut, l'agitation des autres qui te gagne. Le joyeux bordel.
Le lendemain, j'ai de l'esprit, je ris, je suis d'une compagnie charmante alors je suis contente d'avoir survécu aux tourments de la veille et je réintègre mon corps. Je fais la mariole, je peux pas m'en empêcher. Je sais pas pourquoi je vis tour à tour dans une cellule austère et dans une kermesse complètement folle.
J'habite chaque cellule avec une grande conscience et je cesse d'être un concept offert à l'interprétation. Indéfinie, sans contours, flottant dans une carcasse trop vaste que je n'arrive pas à investir vraiment.
Hier, comme ça, je me suis vue marcher à côté de moi, j'ai eu un large sourire, j'ai écouté ma respiration calme à travers un podcast à la con sur Alexandre Benalla. J'ai ralenti le pas, comme pour m'attendre, pour me manifester un peu de sympathie. Regarder s'épouser deux polarités.
J'ai renoncé à mon fantasme d'androgynie, mes vœux d'anorexie, de taille droite, et de silhouette fluette. Longtemps je me suis trouvée féminine jusqu'au dégoût. Les seins lourds, les hanches, la taille, l'enfer... J'avais en horreur la chaleur qui mettait tout ce bordel à nu.
Il faut croire que j'ai baissé la garde, parce que cet été 2019, j'ai roulé du cul comme jamais. C'était bien.
jeudi 22 août 2019
Serre fort
Je ne veux pas regarder le nuage noir au dessus de ma tête. Il est composé d'un agglomérat de petits soucis qui, mis bout à bout, finissent par prendre toute la place dans mon ciel.
Je veux qu'on me rende ce soleil là caché sous la tâche noire. Je ne sais plus parler. Je veux être serrée si fort qu'on puisse entendre mes os craquer. Que mon souffle soit coupé par l'étreinte. Je veux qu'on me dise, putain, arrête ton char, ça prend plus tes conneries. Un filet d'air qui s'échappe de mes bronches, serre, serre.
Je veux que ta main me brûle, je veux en garder la marque, pouvoir la regarder et me sentir importante à mes yeux.
Serre encore, fais nous mal.
Je ne veux plus de soupirs, d'exaspérations, de claquements de langue contre le palais, d'agacements, de ride du lion froncée sur moi.
Je préfère me cacher dans un lit qui serait mon vaisseau, mon tombeau, mon bâteau. Je veux retrouver mes mots.
Je ne veux plus me sentir embarrassée par mon corps. Je le regarde gagner en puissance, je sens les muscles gainés, le coeur plus calme, le sang fouetté. Et puis je me sens évidée, détourée grossièrement d'un décor vibrant.
Je veux sortir du sommeil lourd que j'ai attrapé comme une gale. L'envie de dormir qui démange, à la fois refuge et subterfuge. Sortir d'une série de baillements qui ne se termine jamais, la mâchoire décrochée, une larme au coin extérieur de l'oeil. Dormir pour ne rien expliquer, ne rien avoir à raconter, ne prendre aucun risque sinon celui du cauchemar.
Je veux qu'on me cherche
Je veux qu'on m'évite
Je veux qu'on me considère et qu'on me laisse tranquille
Je veux qu'on m'oublie
Je veux qu'on me dise : viens
Je veux qu'on me dise : tiens
Qu'on me dise rien ”
FIGOLU
TW figoluphobie //
Quand j'étais gamine je mangeais des figolu et des gerblé au sésame parce que ça me donnait l'impression d'être une fille de prof. Les figolu étaient comme les artistes france inter de l'époque et moi, je voulais être une enfant télérama. Nous, on mangeait des tartines beurre / nesquick, du saucisson ou des frosties dans du jus de pommes…
Avec mes deniers personnels je me payais des figolu pour m'inventer une vie. Et quand on parlait de biscuits ou quoi, je disais j'adoooore les figolu. Alors que ce que j'adorais c'était n'importe quoi sur une bonne base de beurre et toutes les déviances possible classées dans la rubrique tête de mort et artères bouchées sur mangerbouger.com
Mise au point : C'est pas bon les figolu, c'est prétentieux, c'est chiant, c'est limite de droite. Je suis sûre que tous les enfants télérama rêvaient de tartines beurre / nesquick pendant que moi j'avais envie d'avoir l'air de me faire chier dans la vie…
PS : en plus ils avaient Télérama mais pas de télé, miskina
dimanche 14 juillet 2019
14 juillet
Le 14 juillet c'est l'anniversaire de ma grand-mère, Marie-Antoinette. Enfant, je pensais que les feux d'artifice lui étaient destinés. Quand je n'étais pas avec elle ce jour là je lui racontais au téléphone, on était à ton anniversaire c'était super.
Il y a une vingtaine d'années elle a emménagé à Martigues dans un appartement au 6ème étage avec une vue sur l'étang de Berre. Pour le 14 juillet, depuis son balcon on voit tous les feux d'artifice les uns à la suite des autres, parfois en même temps. Marignane, Istres etc... Toutes les villes autour de l'étang qui envoient la sauce.
Je me rappelle d'être sur le balcon et de regarder son visage, les couleurs qui explosent sur son sourire et dans ses yeux. Je suis sûre qu'elle se raconte que c'est pour elle quand même.
Aujourd'hui je l'ai appelée pour lui souhaiter un bon anniversaire et elle m'a dit comme chaque année : tu te rappelles quand t'étais petite ?
Je lui ai dit oui, je me rappelle. Mais parfois, elle me demande si je me rappelle des trucs et je dis non même si j'oublie jamais rien et que c'est mon drame. Je dis non pour qu'elle me raconte encore et encore avec sa voix qui sourit. Et je fais un peu semblant, ah oui, ça me revient.
Là j'ai dit oui, je me rappelle, il y a toujours un très beau ciel pour ton anniversaire et je pense tout le temps que c'est pour toi. Les feux d' artifice me font un peu peur, je peux pas être trop près, je le regarderai ce soir depuis la fenêtre de notre chambre, je rassurerai les chattes qui vont croire que c'est la guerre, je penserai au balcon de ma grand-mère et à la vue imprenable qu'il offre sur son sourire de petite fille.
Bien sûr que je me rappelle.
Il y a une vingtaine d'années elle a emménagé à Martigues dans un appartement au 6ème étage avec une vue sur l'étang de Berre. Pour le 14 juillet, depuis son balcon on voit tous les feux d'artifice les uns à la suite des autres, parfois en même temps. Marignane, Istres etc... Toutes les villes autour de l'étang qui envoient la sauce.
Je me rappelle d'être sur le balcon et de regarder son visage, les couleurs qui explosent sur son sourire et dans ses yeux. Je suis sûre qu'elle se raconte que c'est pour elle quand même.
Aujourd'hui je l'ai appelée pour lui souhaiter un bon anniversaire et elle m'a dit comme chaque année : tu te rappelles quand t'étais petite ?
Je lui ai dit oui, je me rappelle. Mais parfois, elle me demande si je me rappelle des trucs et je dis non même si j'oublie jamais rien et que c'est mon drame. Je dis non pour qu'elle me raconte encore et encore avec sa voix qui sourit. Et je fais un peu semblant, ah oui, ça me revient.
Là j'ai dit oui, je me rappelle, il y a toujours un très beau ciel pour ton anniversaire et je pense tout le temps que c'est pour toi. Les feux d' artifice me font un peu peur, je peux pas être trop près, je le regarderai ce soir depuis la fenêtre de notre chambre, je rassurerai les chattes qui vont croire que c'est la guerre, je penserai au balcon de ma grand-mère et à la vue imprenable qu'il offre sur son sourire de petite fille.
Bien sûr que je me rappelle.
Inscription à :
Articles (Atom)