Zed Zonk, des cimes aux abysses

Zed Zonk, des cimes aux abysses

vendredi 25 octobre 2019

L'ocytocine, l'adrénaline, les endorphines, la dopamine

On parle à tort et à travers
On marche dans les pas des fantômes
Parfois dans nos propres pas
On veut pas avouer qu'on piétine mais c'est le mot
On a peur de notre ombre
On défie ce reflet dans le miroir, on lui fait baisser les yeux
On ravale des larmes qui sont autant de vagues qui nous ébranlent
On se caresse la tête nonchalamment
Qui d'autre pour le faire
On essaie de se faire comprendre
On baragouine principalement
On se dit des gentillesses, tu es belle, tu sens bon, tu as bonne mine, je t'aime, je suis heureuse quand je te vois
On recule pour mieux sauter au risque de se prendre les pieds dans le tapis
On s'alcoolise
On chante fort et faux
On crucifie Céline Dion sur l'autel de nos excès mal maîtrisés
On se manque trop
On se le dit peu
On ose pas reconnaître qu'on est rien les uns sans les autres
Ça suinte, pas besoin de parler, ça nous sort par les pores
L'ocytocine, l'adrénaline, les endorphines, la dopamine
À travers la porte de la chambre 412 je décline l'offre de la femme de chambre de changer mes serviettes
J'accuse le coup avec ma gueule de bois à ridiculiser Pinocchio
On est peu de chose
On s'en cache pas
On fait les malins
On a appris à bien ficeler nos sketchs
Le buffet du petit déjeuner propose des produits de basse qualité, notamment un café ultra dilué, real american coffee, voilà le programme
Véritable pisse d'âne pour amateur d'eau parfumée
On fait avec
On a pas le choix
On sert du café américain à des français blasés et des viennoiseries décongelées à des américains conquis
On s'enroule dans des draps qui sentent le propre, dans une chambre qui sent le vieux
La fenêtre ouverte sur les commérages des derniers oiseaux, sur le ronronnement lointain des premières voitures
On regarde dans le miroir en pied ce corps qu'on ne ménage pas
On se dit les trucs sympas des jours "avec"
Franchement ça passe, t'inquiète pas
On a repris du poil de la bête
Tu gères, c'est bon, n'en doute pas
On prend un bain, casque qui braille à burne dans les oreilles
On chante par dessus les voix, par dessus les toits, par dessus le marché et ses lois
On touche la peau douloureuse
On a envie de se jurer que c'est la dernière fois
Se le promettre pour la centième fois
On se fait belle pour aller voir des yeux se plisser sur nos conneries
Rire, faire rire
L'ocytocine, l'adrénaline, les endorphines, la dopamine

Je t'aime, je suis heureuse quand je te vois

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