Zed Zonk, des cimes aux abysses

Zed Zonk, des cimes aux abysses

lundi 5 avril 2021

La récréation

Je me suis vue tituber au bord d'un orage, espérant des éclairs qui ont tardés à venir. L'anxiété fait larsen avec ce même espoir débile qui me fait tourner en rond dans le parc. J'ai fermé les yeux sur les mots de Goliarda sapienza et j'ai cru entendre la rumeur d'une cour d'école, des enfants hyperactifs gouvernés par une sève électrique.

J'ai ouvert les yeux en même temps que les oreilles, j'avais confondu le bruissement des branches et le chahut des oiseaux avec une recréation turbulente.
Mon corps a éprouvé la fraicheur de l'air et la douceur de vivre. J'ai voulu entrer en moi même, pour y trouver la fraîcheur, la douceur, cherchant la même sève électrique qui fait courir les enfants dans les cours d'école. Il y faisait noir et froid, je me suis assise sur le banc des dispensées de sport.
C'est de cette place que longtemps, j'ai écrit.
Je me suis levée quand j'ai senti monter des larmes. C'est ridicule. Je l'ai dit à haute voix. T'es ridicule.
J'ai eu envie d'appeler Ben, j'ai pris mon téléphone comme une conne.
À haute voix, comme une conne, j'ai lu zéro six, trente trois, seize, zéro huit, soixante huit.
J'ai fini par chialer, c'était la fin de la récré.
Texte photo floue // Simone de Beauvoir, une mort très douce


à 13h51, alors que j'émergeais d'une courte sieste, j'ai trouvé un sms de la mère de Ben : Coucou Ade, je peux t'appeler ?

Merci frérot de m'avoir envoyé les renforts.




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