Quand j'ai commencé à creuser, je ne savais pas ce que j'allais trouver. L'or, la merde ou l'un déguisé en l'autre.
J'ai vu des eaux claires scintiller comme un ciel et j'ai voulu y baigner mon corps.
J'ai marché dans une vase compacte et tout s'est troublé, je n'ai plus vu où je mettais les pieds. J'ai pensé à l'or qui se cache dans la merde. Mon pas s'est fait plus lourd, mes intentions m'écrasaient les épaules, j'avais le corps plié et j'appelais ça une danse.
Chaque pas semblait éloigner de moi le scintillement et la clarté. Je crois que je m'enlisais. J'ai pensé à me laisser avaler par la vase ou à laisser tomber, revenir sur mes pas, regagner la berge et détourner le regard de mes eaux sales. Abandonner l'idée du scintillement et de l'eau claire.
J'ai tenu ma tête entre mes mains, je me suis sentie implantée profondément dans le limon, j'ai vu mes jambes nues disparaître et j'ai serré très fort mes tempes. J'ai pensé à hurler mais j'ai ressenti la honte. Je me suis vue de loin, c'était ridicule mais pas drôle. C'était triste. J'ai eu peur.
Peur comme quand on pense ouvrir un livre mais qu'on trouve un miroir. Quand on veut y lire une belle histoire mais que c'est juste un procès.
J'ai détendu mes doigts et j'ai fermé les yeux, j'ai caressé mon crâne, je me suis tenue immobile et j'ai attendu.
Je me suis demandé si la vase était un état d'esprit et les eaux claires un leurre. Dans le doute, je me suis couchée en boule derrière mes paupières pour attendre la fin des turpitudes. Il faisait noir, tout était chaud et c'est d'ici que j'écris.

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