Y'a rien, t'inquiète // Journal de la Start Down Nation
Le ciel est bas et y'a un truc qui cloche.
Alors quoi ?
On active le mode doux, on sauve sa peau, on verra sur le tas. Boire des cafés, aller au ciné, écouter des conversations de blaireaux, écrire, retranscrire, ne rien relire, relativiser, j'ai de la chance, j'ai de la chance, j'ai de la chance.
Ou alors écrire une lettre qui dit qu'on se trouve géniale. respecter la mise en forme, justifier le contenu, rappeler la référence de l'annonce.
Ne pas aller au ciné, ne pas boire trop de café, juste s'asseoir sur son cul et voir venir, ce que charrie l'ennui ?
Je sais pas.
Tenter un truc nouveau du genre : Je me lève, j'enlève mon slip, je prends une douche, je mets un autre slip, je me recouche.
Au lieu de ça, l'hyperactivité qui fout la honte, ne pas trop savoir regarder les heures s'écouler lentement, parce que ça ressemble à une convalescence et qu'on n'est pas malade, non. Ou alors à peine et on la joue discret.
On remonte la rivière avec des nageoires atrophiées, ça marche, on le sait. Parfois on passe devant un saumon. On a les victoires qu'on peut.
ça passe toujours, ça dure un peu, le temps qu'il faut, et puis ça passe, on fait c'qui faut, on a appris, on sait faire à force, tu penses.
On culpabilise au cas où tu te poses la question. On voit bien que ça te gène qu'on ait du temps, on sait de source sûre qu'elle te débecte notre retraite anticipée.
Le chômage est un rêve accessible. Fais comme chez toi, vraiment.
Alors quoi ?
On active le mode doux, on sauve sa peau, on verra sur le tas. Boire des cafés, aller au ciné, écouter des conversations de blaireaux, écrire, retranscrire, ne rien relire, relativiser, j'ai de la chance, j'ai de la chance, j'ai de la chance.
Ou alors écrire une lettre qui dit qu'on se trouve géniale. respecter la mise en forme, justifier le contenu, rappeler la référence de l'annonce.
Ne pas aller au ciné, ne pas boire trop de café, juste s'asseoir sur son cul et voir venir, ce que charrie l'ennui ?
Je sais pas.
Tenter un truc nouveau du genre : Je me lève, j'enlève mon slip, je prends une douche, je mets un autre slip, je me recouche.
Au lieu de ça, l'hyperactivité qui fout la honte, ne pas trop savoir regarder les heures s'écouler lentement, parce que ça ressemble à une convalescence et qu'on n'est pas malade, non. Ou alors à peine et on la joue discret.
On remonte la rivière avec des nageoires atrophiées, ça marche, on le sait. Parfois on passe devant un saumon. On a les victoires qu'on peut.
ça passe toujours, ça dure un peu, le temps qu'il faut, et puis ça passe, on fait c'qui faut, on a appris, on sait faire à force, tu penses.
On culpabilise au cas où tu te poses la question. On voit bien que ça te gène qu'on ait du temps, on sait de source sûre qu'elle te débecte notre retraite anticipée.
Le chômage est un rêve accessible. Fais comme chez toi, vraiment.
Parfois, tu es la boue en bas de ton pantalon, tu es le clocher qui te sort du sommeil, tu es le chat qui a faim et celui qui dégueule, tu es la vieille dame perpendiculaire, tu es l'homme qui perd ses cheveux, tu es le gosse qui fait tomber sa sucette dans le sable, le vélo qui déraille, le réveil qui ne sonne pas, le bus que tu rates, la personne qui marche trop lentement devant toi.
Tu es ton propre piétinement.
Les données surgissent, on les avait signalées comme spams mais quand même. On les prend en compte, elles nous prennent en traître mais on s'inquiète pas parce qu'on sait qu'on reste pas longtemps éparpillé au sol, on se ramasse, on se redresse.
Comme les gens qui se pètent la gueule en public, ils sourient, non, t'inquiète, y'a rien, ça va. Intérieurement ils sont brisés mais ils gardent un genre de classe. Ils se ramassent dans tous les sens du terme mais sans drame.
On fait pareil, on en prend pour notre grade mais y'a rien, t'inquiète.
Le cerveau se lasse d’œuvrer à son propre piétinement. On reste pas longtemps le chasseur ET la biche.On se tient en joue, on se jauge, on se juge et puis on en a marre. On reconnaît pas le regard, c'est pas le même que dans le miroir, on l'a vidé de sa sève on dirait. je sais pas, il brille moins, ou alors différemment. On s'en sort.
On a nos trucs, la bonne playlist, le bon repas, on sait.
GoGo gadget aux nageoires, on se laisse pas crever, on se permettrait pas, tu penses.
Alors on se répète qu'on a de la chance.
Tout passe.
Comme les gens qui se pètent la gueule en public, ils sourient, non, t'inquiète, y'a rien, ça va. Intérieurement ils sont brisés mais ils gardent un genre de classe. Ils se ramassent dans tous les sens du terme mais sans drame.
On fait pareil, on en prend pour notre grade mais y'a rien, t'inquiète.
Le cerveau se lasse d’œuvrer à son propre piétinement. On reste pas longtemps le chasseur ET la biche.On se tient en joue, on se jauge, on se juge et puis on en a marre. On reconnaît pas le regard, c'est pas le même que dans le miroir, on l'a vidé de sa sève on dirait. je sais pas, il brille moins, ou alors différemment. On s'en sort.
On a nos trucs, la bonne playlist, le bon repas, on sait.
GoGo gadget aux nageoires, on se laisse pas crever, on se permettrait pas, tu penses.
Alors on se répète qu'on a de la chance.
Tout passe.
On fait c'qui faut. On se ramasse.
Y'a rien, t'inquiète.
Y'a rien, t'inquiète.
Tu connais ça ?
RépondreSupprimerThomas Vinau, blog "Etc-Iste", livres qui font plier un peu plus ma bibliothèque et alourdissent les cartons de mon prochain déménagement. Roman de l'hiver, "Le Camp des Autres" (un autre nom pour la Start Down Nation, versant on entre en résistance armée).
Et un petit bilan trouvé récemment sur mon blog, que j'avais envie de relier au tien. Ne crachons pas sur un peu d'optimisme :
"Je me levais
et je fumais un joint
en faisant mon café
je me demandais ce que j'avais envie de faire aujourd'hui
deux fois sur trois je ne faisais rien
des fois je vendais un bout de shit
des fois j'allais acheté un cd
des fois lire un livre dans les jardins de la fac
avec le sentiment de faire quelque chose de bien
Il m'arrivait d'aller boire un ACE
sous le soleil des terrasses de Montpellier
en pensant faire un truc sain
ou de me défoncer
avec le sentiment d'être un homme
je maudissais ou je célébrais ma solitude
j'avais des raisons d'être heureux
et d'autres d'être malheureux
des manières d'être esclave
et des manières d'être libre
Je me lève
je bois un café devant l'ordi
et puis je vais faire leurs petit déjeuner
les réveiller les préparer pour l'école
en revenant je fais dans ma tête la liste
de tout ce que j'ai à faire aujourd'hui
deux fois sur trois je fais autre chose
des fois je vais courir
des fois j'essaie d'écrire un livre
des fois je lance une machine de linge sale
avec le sentiment de faire ce que j'ai à faire
Il m'arrive de boire un citron pressé
avant de passer l'aspirateur sur le carrelage ensoleillé
en pensant faire un truc sain
ou de m'occuper des miens
avec le sentiment d'être un homme
Je maudis ou je célèbre ma femme et mes enfants
j'ai des raisons d'être heureux
et d'autres d'être malheureux
des manières d'être esclave
et des manières d'être libre
Parfois je prends ce qu'il y a à prendre
d'autre fois je le rate
Parfois je fais ce qu'il faut faire
d'autre fois je m'en tape
Je casse des pots
et j'en répare d'autre
J'ai mal ici
ou j'ai mal là
La vie est belle
Je me sens chanceux
Je ne regrette rien"
Bisous, Georges.
ANNE
je ne connais pas ce texte, non.
RépondreSupprimerMais j'aime, je te remercie.
Je connais "Ici, ça va" de Thomas Vinau mais je n'ai rien lu d'autre et je ne savais pas qu'il avait un blog.
Je me retrouve dans ces mots tu vois. Un peu ma vie actuelle.
je t'embrasse