Je vois M. Dans le tram. Un ancien collègue que j’appréciais beaucoup. Les conversations que nous avions ensemble m'élevaient toujours un peu plus. Ça me met un peu la honte les gens très cultivés, qui savent parler de tout, dont le raisonnement semble fluide et les idées toujours claires.
Je n'ai pas osé le saluer parce que je sais que nos affinités auraient induit une conversation. Je me suis pas sentie capable de donner le change.
C'est dommage qu'il soit si tôt et que j'ai les idées en compote, j'aurais aimé lui parler si je n'avais pas eu le cerveau collé. Il est 6h20 après tout. Il a changé, il porte les cheveux longs, ça lui va bien.
Quand je sors du tram j'ai le sourire en repensant à nos conversations sur des sujets allant de Franz Schubert à Valérie Solanas en passant par Lacan ou Foucault.
Le matin de bonne heure, des élèves venaient nous raconter leurs rêves pour qu'on en fasse l'interprétation. On racontait des conneries acceptables pour des ados de 15 à 18 ans et quand nous étions seuls, on s'avouait mortifiés par l'intimité qu'elles partageaient avec nous sans s'en rendre compte.
Je n'ai pas osé le saluer parce que je sais que nos affinités auraient induit une conversation. Je me suis pas sentie capable de donner le change.
C'est dommage qu'il soit si tôt et que j'ai les idées en compote, j'aurais aimé lui parler si je n'avais pas eu le cerveau collé. Il est 6h20 après tout. Il a changé, il porte les cheveux longs, ça lui va bien.
Quand je sors du tram j'ai le sourire en repensant à nos conversations sur des sujets allant de Franz Schubert à Valérie Solanas en passant par Lacan ou Foucault.
Le matin de bonne heure, des élèves venaient nous raconter leurs rêves pour qu'on en fasse l'interprétation. On racontait des conneries acceptables pour des ados de 15 à 18 ans et quand nous étions seuls, on s'avouait mortifiés par l'intimité qu'elles partageaient avec nous sans s'en rendre compte.
Je ne sais rien de lui, rien.
J' ai supposé qu'il était un nihiliste résilient qui a compris que foutu pour foutu, autant se rendre aimable. Trop poli pour dire que la vie c'est de la merde mais d'une lucidité qui ne trompe personne sur le fond de sa pensée. Un homme sans âge, un peu dandy, un peu maudit.
J' ai supposé qu'il était un nihiliste résilient qui a compris que foutu pour foutu, autant se rendre aimable. Trop poli pour dire que la vie c'est de la merde mais d'une lucidité qui ne trompe personne sur le fond de sa pensée. Un homme sans âge, un peu dandy, un peu maudit.
Ce serait bien de le croiser à nouveau, au bon moment cette fois ci, après le deuxième café par exemple.
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