Chaque matin je suis au bord des larmes devant une vérité que je suis seule à voir. Le temps me défigure même s'il consolide ma charpente psychique. Tout à coup ça se pète la gueule. C'est un effondrement lent qui commence par des éclats, de l'agressivité adressée à mon petit monde avant d'être retournée contre moi. Comme si je construisais minutieusement des raisons de me détester. Je me laisse tomber, je peux plus compter sur moi. Je sens que je ne tiens plus qu'à un fil. Je ne sais toujours pas comment on se met à l'abri de soi. La seule solution qui me vient à l'esprit c'est de tout plaquer et tourner le dos à ce travail que je fais depuis des années pour tenir la route.
J'ai mal à la gorge, mes secrets m'étranglent.
Je les regarde les yeux exhorbités sans avoir la force de crier.
J'ai l'impression de crever discrètement, poliment, en gardant le sourire. Que personne ne s'inquiète. C'est pas la première fois, ce sera pas la dernière.
J'ai mal à la gorge, mes secrets m'étranglent.
Je les regarde les yeux exhorbités sans avoir la force de crier.
J'ai l'impression de crever discrètement, poliment, en gardant le sourire. Que personne ne s'inquiète. C'est pas la première fois, ce sera pas la dernière.
Alors ce serait le temps qui vous aiderait à aller bien ? C'est lui qui consolide ce que vous avez appelé votre charpente ?
Oui, mais pas que.
Vous l'aidez un peu il me semble ?
Essayez de vous souvenir de ce que c'est une charpente en termes de travail. Réfléchissez à ce qui tient l'ensemble. Quels sont les différents étaiements. Vous verrez que dans cette construction le temps n'est que... Du temps. Il passe. C'est vous qui faites tout.
Essayez de vous souvenir de ce que c'est une charpente en termes de travail. Réfléchissez à ce qui tient l'ensemble. Quels sont les différents étaiements. Vous verrez que dans cette construction le temps n'est que... Du temps. Il passe. C'est vous qui faites tout.
On parle ensuite du sentiment de vide qui pousse à combler avec de la merde. On parle d'un usage doux des drogues dures et de la violence de l'alcool, du seul chemin qui mène à l'abstinence et qui consiste à ne plus boire. Du tout. J'explique que même lorsque je fumais de la grosse frappe ça me rendait paz cinglée. L'alcool si. Je commence et je suis partie. Plus rien ne m'arrête et je perds le contrôle de mon cerveau. Je ne supporte plus aucune frustration. J'oublie ce que le mot non signifie.
Je voudrais être bien en ma compagnie, vous voyez ? J'en ai marre de tout ce que je suis capable de mettre en place pour me donner des raisons valables de me détester. J'en suis même plus au stade de vouloir plaire aux autres. Je veux me rendre intéressante à mes propres yeux.
Alors, écrivez.
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