Zed Zonk, des cimes aux abysses

Zed Zonk, des cimes aux abysses

jeudi 28 mars 2019

pour qui elle se prend

Ça fait un bail que j'ai envie de rentrer dans ce bar de la place Sainte aloise. Le rêve est permis ce jour alors que j'ai une heure à tuer entre deux rendez vous médicaux. J'entre dans un espace viril qui sent le pastis, la couille et l'éponge sale. Ça tape le muscadet avec des tartines de pâté. Après moi une femme entre à son tour, elle porte une jupe courte qui n'échappe à personne. Un silence se fait, le silence des chasseurs de sanglier qui tombent nez à nez avec une biche. Ce genre d'ambiance...
Je suis assise au bar devant le café le plus allongé de l'histoire des cafés allongés. Je tremble à cause des cafés précédents qui eux n'ont pas fait semblant de me taper les nerfs. J'ai déjà entendu une expression qui associe les tremblements à la peur de devenir riche. L'envie me prend de remplir une grille d'amigo pour gagner le pactole et faire mentir le proverbe.
Sur mon tabouret de bar je fais du manspreading en regardant de travers des gouttes d'alcool séchées sur le carrelage.
Je suis dégoutée. Pas besoin d'être perchée sur un tabouret avec les pieds qui pendent dans le vide pour péter plus haut que son cul.
L'odorat trop fragile pour les éponges sales gorgées de bactéries. Le cul trop précieux pour passer aux toilettes derrière ceux qui alternent les cafés et les demis depuis mon arrivée. Et ça critique le café, et ça spécule sur la propreté des toiles cirées...
Je croise le regard d'un mec, je crois y lire "pour qui elle se prend celle-la".
Y'a des fois, vraiment, je me pose la même question.


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