Il y a des trucs bidons que je revendique par habitude alors que c'est devenu faux. Par exemple j'ai toujours clamé : je ne relis jamais les livres. C'est un mensonge. Je relis ce week end le tome I des œuvres de G. Dustan et je prends un plaisir sincère à re-découvrir chaque phrase.
C'est vrai pour plein de trucs, un peu toutes les affirmations où on trouve le mot jamais. Je suis pas aussi tranchée que je voudrais l'être.
C'est vrai pour plein de trucs, un peu toutes les affirmations où on trouve le mot jamais. Je suis pas aussi tranchée que je voudrais l'être.
En ce moment j'envoie mes mots ici et là, je note des codes postaux que je ne situe pas sur une carte. Je dis merci beaucoup alors que je pense un truc plus fort que ça, qu'on a pas encore inventé.
Les mots sont trop cons.
J'ai l'air de m'excuser d'avoir détricoté ma boyasse à ciel ouvert et d'avoir eu le culot d'appeler ça du travail.
Et puis, je me revois à ma table, dans les cafés, sur les terrasses. À l'aube le plus souvent, en train d'agencer des sentiments, de tenter un tetris avec des émotions brutes mal dégrossies. Je me justifie. Je sais que ça manque de lumière là où je voudrais que ça transpire l'espoir.
Il est tôt ce matin. Je reprends Dustan, plus fort que moi. Je suis désarmée par sa mélancolie. T'as des larmes qui déboulent mais elles retournent d'où elles viennent sans qu'on en vienne au stade mouchoir. Ça remplit les yeux et ça coupe la respiration comme quand on entre trop vite dans une eau trop froide.
J'arrive jamais à savoir avec lui. Il passe de la tête à claques à l'ami que tu regrettes de ne jamais avoir rencontré. Et son écriture organique, ses descriptions crues d'un sexe qui fait mal, la consolation avide qu'il cherche dans des corps anonymes qui souvent le débectent, plutôt mal entouré que seul mais finalement désespérément seul même dans la multitude qui danse, qui transpire, qui se drogue et qui baise fort.
On se sent jamais autant vivre que quand on nous laisse pour mort.
Je vois bien le délire.
Je vois bien ce genre de personnes qui ne fixe pas les souvenirs comme tout le monde, ça disparaît si t'as pas la balafre qui va avec. Un truc profond et purulent qui prendra du temps à cicatriser et qui restera là, un bout de peau plus tendre et plus rose.
J'arrive jamais à savoir avec lui. Il passe de la tête à claques à l'ami que tu regrettes de ne jamais avoir rencontré. Et son écriture organique, ses descriptions crues d'un sexe qui fait mal, la consolation avide qu'il cherche dans des corps anonymes qui souvent le débectent, plutôt mal entouré que seul mais finalement désespérément seul même dans la multitude qui danse, qui transpire, qui se drogue et qui baise fort.
On se sent jamais autant vivre que quand on nous laisse pour mort.
Je vois bien le délire.
Je vois bien ce genre de personnes qui ne fixe pas les souvenirs comme tout le monde, ça disparaît si t'as pas la balafre qui va avec. Un truc profond et purulent qui prendra du temps à cicatriser et qui restera là, un bout de peau plus tendre et plus rose.
Suite à ma lecture d'hier, j'ai rêvé de drogues, de techno et de jus de cul. J'ai rêvé qu'on me frustrait en prenant de la drogue devant moi sans m'en donner. J'ai rêvé que je devenais cinglée de voir des gens défoncés danser torse nu alors que j'étais congelée contre un mur à boire une bière dégueulasse en attendant qu'il pleuve des ecsta. J'ai rêvé de mes 17 ans, de ma découverte de Dustan, de ma découverte du marais. Du sourire enfantin d'un mec dense et barbu qui se fait sucer sur la piste du dépôt. Des soirées backstage, la KABP à la boule noire à faire croire que j'étais en école de journalisme alors que j'étais en terminale L option anglais renforcé. Knowledge. Attitude. Beliefs. Party.
C'était il y a 20 ans et je me creusais de belles cicatrices à cette époque. J'allais loin dans la lésion cérébrale. Mais après digestion je pose un regard bienveillant et amusée sur la personne que je pensais être.
Je prenais au pied de la lettre les mots de Guillaume, si tu permets je vais l'appeler par ce prénom. Je me disais comme lui :
C'était il y a 20 ans et je me creusais de belles cicatrices à cette époque. J'allais loin dans la lésion cérébrale. Mais après digestion je pose un regard bienveillant et amusée sur la personne que je pensais être.
Je prenais au pied de la lettre les mots de Guillaume, si tu permets je vais l'appeler par ce prénom. Je me disais comme lui :
"Je ne crois pas au hasard, quand les gens sont sur notre chemin c'est pour deux raisons, nous faire du mal ou nous faire du bien, on verra"
J'ai envie de tout relire mais j'en ai vendu pas mal à une époque de ma vie où je prenais un malin plaisir à me renier. Voilà où ça mène la honte de soi.
Il me reste le tome I de ses œuvres. On a jamais vu la suite.
C'est édité chez P.O.L, la couverture blanche de mon exemplaire est dégueulasse, ce qui me fait dire qu'elle a été entre de bonnes mains.
Il me reste le tome I de ses œuvres. On a jamais vu la suite.
C'est édité chez P.O.L, la couverture blanche de mon exemplaire est dégueulasse, ce qui me fait dire qu'elle a été entre de bonnes mains.

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